La « der » de Boubker Boudraa pour le L.M.A.
Arrivé au club d’athlétisme de Meung sur Loire en 1995, Boubker Boudraa effectuera dimanche sa dernière compétition sour les couleurs du League Miler Athletic de Meung sur Loire : ce sera à l’occasion des championnats de France de cross-country 2008 qui se dérouleront à Laval (53)
Des championnats de France qui seront pour lui comme autant de bons souvenirs : tel celui à la Courneuve en 1997 (cross-country) où 6e en seniors il était sélectionnable en équipe de France pour les championnats du Monde. Mais marocain de nationalité il ne put bien évidemment être retenu. D’autres places d’honneur telle sa 4e place aux France de 2004 (toujours en cross, mais en catégorie vétérans cette fois-ci) battu au sprint pour la médaille d’argent. Et plus proche de nous l’an dernier une 6e place à Roullet St Estèphe. Une place de 2e aux France des 10km sur route à Tours en 2004 puis l’année suivante 3e à Dax sur la même distance.
Carrière étonnante pour un athlète découvert sur le tard (il devait avoir 20 ans). Mais quelle ascension ! D’une 5e ou 6e place dans un cross d’élèves à Marrakech, Boubker atteignait les somments en France quelques années plus tard. :
28’48 sur 10000m
1h03’48" au semi-marathon et
2h17' sur marathon,
plus des centaines de distinctions majeures (1ère ou 2e place) dans toutes les compétitions auxquelles il participa. Un athlète au palmarès impressionnant qui une seule fois défraya la chronique des faits divers : c’était en 1997 lorsque Mr Pasqua pourchassait les clandestins et tous ceux qui avaient du mal à régulariser leur situation. Il fut prié de regagner sa terre d’origine non sans avoir été encadré de près.
Situation anecdotique (d’aujourd’hui) , mais pas forcément à l’époque des faits : la presse du Lundi sur une demie page en rubrique sports régionaux vantait les mérites d’un athlète ayant réalisé une grosse performance [c’était sa 6e place aux championnats de France à la Courneuve] …. Et la même presse du lendemain mardi sur 1 page entière dans la rubrique faits divers, montrant (photos à l’appui) l’encadrement de notre champion vers cet avion-cargo chargé de son rapatriement.
18 mois d’un exil pas forcément doré l’on s’en doutera ! Un terme y fut mis par les interventions conjugées de trois personnes bien placées d'alors : d’abord Mr Jean-Pierre Sueur, maire d’Orléans, de Mr Hubert Védrine, ministre des affaires étrangères et de Mr l’Ambassadeur de France à Marrakech. Visa lui fut accordé sans contre partie et notre champion retrouva le sol français et son petit club d’accueil de Meung sur Loire (le LMA)
De cet instant jusqu’à aujourd’hui Boubker Boudraa assura sans jamais faillir son statut d’athlète de haut niveau. Bénéficiant d’un contrat de coureur professionnel pendant 5 ans au sein du club, puis rejoignant les rangs du personnel « prévention » à la Mairie d’Orléans, il put continuer à pratiquer sans discontinuité un sport pour lequel il était doué : l’athlétisme et plus spécifiquement la course à pied.
Sérieux, ne décevant jamais ses supporters, s’entraînant tous les jours par tous les temps et en toutes circonstances, rarement blessé et toujours prêt à faire mieux, Boubker quitte le LMA pour s’assurer un avenir meilleur …
A Meung sur Loire (sa commune d’accueil) la situation administrative du club s’est dégradée progressivement sous l’impulsion (…c’est peu de le dire !) de son 1er magistrat. Pour qui recherchait l’information il ne fallait surtout pas se renseigner en mairie pour savoir si l’on pouvait pratiquer l’athlétisme à Meung sur Loire : la réponse par le personnel d’accueil était qu’il n’y avait pas de club sur la commune. Même le président de la Ligue du Centre d’Athlétisme, Mr Jean-Pierre Boutant ne put jamais rentrer en contact avec le maire, refoulé à chaque fois au téléphone par un secrétariat vigilant !
En parallèle à cette situation administrative calamiteuse, s’ajoutait l’infrastructure : pas d’installation digne de ce nom, une piste de 200m en cendrée impraticable la plupart du temps, inconfortable pour l’alignement de séries de vitesse (petite piste, virages courts etc…) rien ne permettait de venir s’entrainer au pays.
Et pour couronner le tout : aucune reconnaissance humaine et sportive à son égard : pas une seule fois en 12 ans de présence au club la Mairie ne l’invita pour une quelconque remise de récompense : les occasions ne manquèrent pas pourtant ! Et sans l’aide inconditionnelle d’un seul homme Boubker Boudraa aurait jeté l’éponge depuis bien longtemps.
Aujourd’hui il se retrouve à la croisée des chemins : club défaillant, avenir sportif personnel plus court, recyclage professionnel en instance (il passe ses examens fédéraux d'entraineur de courses hors stade =déjà titulaire du 1er degré et proche du 2e degré).
Un club sur Orléans lui offre la possibilité de poursuivre très honorablement et sa carrière sportive et son intégration socio-professionnelle : en plein accord avec son président Boubker Boudraa rejoindra celui-ci aussitôt après Laval.
Et une page sera tournée de l’histoire de l’athlétisme à Meung sur Loire.
Les plus sensibles sortiront leur mouchoir.
Les autres apporteront à Boubker (… à leur manière) le soutien qu’il mérite encore et toujours.
Le blog peut servir à cela [l’ajout d’un commentaire] étant une de ces manières !!!