14 novembre 2017 2 14 /11 /novembre /2017 10:47

compte rendu très bien fait de la part d'un athlète du LMA 45 ayant participé ....

Marathon de New-York (2017) compte rendu de Guillaume Pinault (LMA)

 Il est 6h30 et nous voilà montés dans le bus qui attendait devant l'hôtel. C'est parti pour 1h de route, direction le pont Verrazzano, endroit où sera donné le départ du New York City Marathon 2017. L'excitation montait peu à peu, malgré une nuit très courte et des traits bien tirés. A 8h nous descendions enfin du bus, direction le check point et le pipi (+caca) room. Des centaines de WC installés afin de satisfaire le plus grand nombre : vraiment impressionnant !!

Place maintenant à un léger échauffement de 15-20 min afin de chauffer la machine encore endormie, lignes droites-talons fesses-montées de genoux-éducatifs-etc ... Mon copain Alex et moi-même étions prêts à en découdre. Direction ensuite la porte A du SAS 1 où étaient présents tous les marathoniens courant en moins de 2h45’-50’ : le niveau semblait élevé ! Il est 9h20 et la porte s'ouvre, tout le monde s’agglutine,  telles des bêtes féroces, au niveau de la ligne de départ, derrière les quelques dizaines d'élites ! Le début du show à l'américaine pouvait commencer : discours du maire de New York, hymne God bless America, chanté à capella donnant des frissons puis défilé des hélicopters. L'heure approche. La pression monte, derniers réglages : des lacets, des gels, de la ceinture, etc.

C'est parti, il est 9h50 ...

je me place rapidement dans un bon petit groupe à 3'50 au km. Tout va bien, ça mouline !! Je passe en 19'15 au 5ème km et de plus en plus de spectateurs sont présents au bord de ces immenses boulevards. Ca donne du power et je passe au 10ème km sans encombres ... les jambes répondent bien et les nombreux ravitaillements (tous les 2-3 kms) nous permettent de bien boire. Nous sommes de plus en plus portés par la foule dans ces magnifiques rues de Brooklyn où DJ's et danseurs hip hop étaient présents. On voit ça nul par ailleurs ! J'aborde le 15e km avec une petite pointe au mollet droit. Cela m'inquiète un peu et à cet instant je me dis que ce marathon va être très dur. J'essaie de ne pas y penser regardant autour de moi pour capter des ondes positives. Effectivement, la douleur semble passer peu à peu, alors que nous traversons le quartier juif, où il n'y avait pas un bruit ... étrange ! Je passe au semi en 1h22'10s, tout va bien !  Pas pour longtemps car je gère mal un ravito en laissant tomber ma potion magique. Je m'arrête alors pour la ramasser et perds un peu de temps, en choppant par la suite un mauvais point de côté (au 23ème), m’obligeant à ralentir un peu. Tout rentre dans l'ordre quelques minutes plus tard en retrouvant mon petit groupe.

 Nous arrivons dès à présent dans Manhattan, avec une foule en délire qui était amassée au pied du fameux pont Queensborrow : l'émotion est vive et les jambes se font lourdes peu à peu. Nous voilà sur la célèbre 1ère avenue, tout en faux plat montant  interminable. L'épreuve du marathon pouvait ainsi débuter, et je me dis à cet instant : "c'est maintenant que tu dois résister, on va voir qui est réellement bien monté dans ce short porté" (sic).  Je passe le 30ème en serrant les dents,  le pont  présent dans le Bronx me provoque les toutes premières crampes : c'était le début d'une longue série comportant un 10 km le plus long et plus dur de toute ma vie... L’allure ralentissant  peu à peu, mes cuisse se durcissaient et ma tendinite au genou, contractée quelques semaines auparavant, se réveillait. Tous ces paramètres m'ont forcé à renoncer à ce fameux chrono de 2h45-50. Je passe le 35ème dans un sale état et décide de "débrancher mon cerveau". Ne plus penser à rien, tenter d'oublier ces atroces douleurs et essayer de se raccrocher à certaines pensées personnelles. Nous longions Central Park et empruntions les fameuses ruelles du parc nommées "les montagnes russes".

Je comprends pourquoi à cet instant précis, je n'en pouvais plus, et chaque côte (et descente) étaient un supplice. Je tente de me refaire la cerise en recherchant ce qu’on appelle le  second souffle … en vain ! Je trottine et ma vitesse chute encore: 4' au km, puis 4'05, puis 4'10. Je résiste tant bien que mal et me jure de ne jamais m'arrêter. Je me suis répété plusieurs fois cette pensée profonde : "si tu arrêtes, t'es une grosse fiotte » (sic). On se motive comme on peut lors de ces derniers kms qui apparaissent interminables. Preuve en est :  j'effectue les deux derniers kilomètres en 13 minutes. Entre-apercevant enfin la ligne d'arrivée, je tente alors une dernière accélération pour passer sous les 3h, mais les jambes ne répondent plus, et les crampes se généralisent au niveau mollets-quadri-ischios-ventre,  le genou est en feu. Je passe la ligne en 3h00'43s comme je peux en m'écroulant dans les bras du 1er bénévole venu. Quatre hommes viennent rapidement à ma rencontre avec un brancard m’emmenant directement sous l'immense tente blanche qui était dressée tout près de l'arrivée. En pénétrant dans cette salle, une centaine d'étudiants kiné bénévoles m'ovationnait, alors que j'étais au plus mal. Déposé sur la 1ère table de massage venue, on me chouchouta pendant près d'une heure afin que je reprenne des forces et mes esprits. Chaque instant de cette magnifique épreuve restera à jamais gravée dans ma mémoire et, pour le moment, mon plus beau souvenir sportif. Vivement le prochain ... et place désormais à une récupération bien méritée pour repartir vers de nouvelles échéances.

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Published by League Miler Athletic LMA (45) - dans résultats courses sur route Dans les chaussures de
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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 15:11

Les marathons printaniers sont passés (Paris, Rome, Bordeaux, Cheverny, …) ou vont avoir lieu (Boston, Londres, Madrid, Nantes, …). Une question se pose toujours, après des mois d'entraînement, un marathon éprouvant, comment récupérer rapidement pour finir la saison ? Il est souvent dit :

"Il faut une journée pour récupérer un kilomètre sur marathon. Il faut donc 42 jours pour récupérer des 42 kilomètres"

Mais la plupart des runners aguerris, qui cherchent la performance, ne l'entendent pas de cette oreille et chercheront à récupérer le plus vite possible pour réaliser de nouveaux objectifs en surfant sur la forme post-marathon. Mais alors, comment récupérer plus rapidement et retrouver ses sensations après une épreuve aussi éprouvante pour l'organisme?

Le plus souvent, il est conseillé de ne pas courir pendant les premiers jours, afin de refaire son capital musculaire en laissant le corps cicatriser ses micros traumatismes dues aux nombreux impacts. Puis au bout de cinq jours environ, reprendre avec des légers footings. Il est plus que recommandé de passer à d'autres sports moins violents, comme le cyclisme ou la natation. Cela aura pour but de détendre les muscles avec un travail actif, d'estomper ainsi les courbatures, tout en laissant le corps récupérer naturellement. De plus, cela entretiendra le cardio tout en faisant une autre activité, ce qui cassera la routine.

Mais nous pouvons aussi utiliser des méthodes extérieures pour récupérer plus rapidement. Le plus connu est évidement la physiothérapie, ce qu'on appel plus communément en France la kinésithérapie. Le but est de masser les muscles courbaturés, afin de provoquer une meilleure circulation sanguine, une meilleur oxygénation et donc d'évacuer toutes les toxines accumulées. Les étirements sont également obligatoires, afin d'aider le muscle à retrouver son élasticité et éviter toute blessure. Forcément, il ne faudra pas oublier l'hydratation qui est primordiale.

Mais toutes ces techniques, sont connues des sportifs de haut niveau depuis de nombreuses années. Etant les précurseurs, ils sont forcément en avance par rapport à nous puisqu'ils ont les moyens techniques que nous n'avons pas (équipe, fédération, encadrement). Et depuis quelques années maintenant, nous savons que le froid permet une meilleure récupération. Nous avons maintenant l'habitude de voir les athlètes internationaux passer par la case "eau glacée" après leurs entraînements. Puis petit à petit, ce nouveau moyen de récupération est arrivé auprès des sportifs amateurs. Cette méthode se nomme la cryothérapie !

Et oui, longue introduction pour arriver enfin au sujet de l'article. Mais cela est nécessaire pour comprendre la suite. La cryothérapie existe depuis l'Antiquité. Mais ce sont les Japonais, grâce au Docteur YAMAGUCHI, qui inventent la chambre de cryothérapie, avec des températures descendantes jusqu'à -164°C. Nous étions alors en 1978 et il faudra attendre 2011 pour voir les cyclistes professionnels utiliser cette thérapie.

Le patient passe alors quelques minutes au maximum, dans ce caisson à des températures extrêmes. Le but est de stimuler le corps pour qu'il lutte contre le froid. En conséquence, il va produire des endorphines, qui vont provoquer une analgésie et ainsi faire oublier la douleur. C'est l'effet anti-inflammatoire. De plus, les vaisseaux sanguins vont se réduire et la vascularisation ne sera que meilleure. Mais attention, la cryothérapie n'est pas faite que pour les sportifs, elle est surtout utilisée pour d'autres maux : troubles du sommeil, stress, rhumatismes, traumatismes (entorse) etc…

Mais passons tout de suite de la théorie à la pratique. Deux athlètes du LMA45 ont testé cette méthode après avoir participé au marathon de Cheverny (41). Anne RÉAU, 8ème féminin en 3h27'23" et Stéphane VEIGNAL, 9ème du général en 2h48'19", se sont prêtés à l'expérience et ont voulu nous faire partager leurs ressentis.

Ils se sont rendus à Orléans, au centre LE KRYÔ se trouvant au 10 rue des Maltotiers. Si vous ne connaissez pas, c'est normal, il est ouvert depuis le 19 Février dernier et n'a donc que deux petits mois d'existence pour le moment. Mais de nombreux runners et sportifs sont déjà venu le tester. L'ECO-CJF, avec l'ancien champion de France du 100km Pascal GIRY, l'équipe de Protiming, des combattants de l'USO judo-jujitsu et même un membre de l'équipe de France de water-polo qui s'envolera cet été pour les Jeux Olympiques de Rio. Brice DAUBORD (ASPTT Orléans), double champion de France de triathlon cross et sa compagne Emilie MENUET (AJBO), championne de France, recordwoman de France et sélectionnée sur le 20km marche des championnats du monde d'athlétisme 2015 y vont également régulièrement. L'ultra fondeur Christian DILMI (ECO-CJF) utilise cette méthode depuis quelques temps et profite de la proximité de ce centre pour s'y rendre.

Le gérant Pierre-Yves LOPEZ et toute son équipe vous accueilleront chaleureusement, bien que le traitement soit bien plus glacial ! Ils sont ouverts du Lundi au Samedi, de 9h00 à 20h00. Vous trouverez plus d'information sur leur page internet.

Dans un premier temps, vous devrez remplir des documents pour en savoir davantage sur votre état de santé général. Il faut aussi connaitre la raison de la venue dans l'établissement. Pour nos athlètes, la raison était vite trouvée, puisque deux jours après le marathon, les courbatures étaient très bien installées. L'étape suivante est la rencontre avec la bête !! Enfin, pas tout à fait, il faut aller aux vestiaires avant, histoire de digérer ce premier contact. La tenue de rigueur est de se mettre en maillot de bain, d'avoir des chaussettes aux pieds et en cas de frilosité, venir avec une serviette. Des chaussures spéciales vous sont alors prêtées pendant que la machine se met en route.

Avant de rentrer dedans, une petite prise de tension est obligatoire. Puis il faut régler la hauteur, car la tête doit dépasser. La température est déjà à -60°C pendant ce réglage. Une fois que tout est ajusté, c'est parti pour la séance de torture. Il faut un peu tourner sur soit même, en toute délicatesse, pour que tout le corps bénéficie du traitement. La fumée, c'est tout à fait normal, pas d'inquiétude à avoir. Petit à petit, la température continue de baisser, atteignant les -100°C. D'après notre cobaye, cela reste supportable comme c'est un froid sec, cela lui rappel étrangement le sauna. Attention, ne pas oublier de remuer les mains, car c'est une partie du corps très fragile. Nous le constatons surtout en hiver, avec les sorties dans le froid, les extrémités du corps sont les plus frileuses.

Stéphane est allé jusqu'à -150°C lors de la première séance, qui ne dure que 90 petites secondes. Le protocole veut que cela reste court pour ce début, afin de voir sir le corps accepte ou non la cryothérapie. Si tout va bien, la seconde séance dure 2 minutes, puis les suivantes sont de plus en plus longues, pour atteindre un maximum de 3 minutes.

Notre testeur sort alors de la machine, sans être frigorifié, mais avec une sensation de bien être, de légèreté. Un café ou un thé est alors proposé au client, une façon très sympathique de féliciter ce dernier.

Le soir même après cette séance, Stéphane ressentait encore quelques points douloureux, mais c'était déjà beaucoup moins important que le matin. Et c'est surtout une sensation d'avoir les muscles détendus qui ressortait. Il se lança alors dans une petite récupération sur vélo d'appartement pendant une heure, le tout en parfaite aisance. Sa conclusion était que cette méthode accélérait la récupération d'après effort et que même avant une course importante, cela pouvait permettre de sentir les jambes plus légères.

Une séance supplémentaire était prévue une semaine plus tard. C'était donc 2 minutes de froid qui l'attendait. Il passait après le fameux joueur de water-polo de l'équipe de France et nous confirme que c'est un véritable athlète de haut niveau. Brice DAUBORD et Emilie MENUET étaient venus le matin même. Stéphane nous confirme d'emblée que cette seconde séance est encore plus bénéfique. Il regrette de ne pas pouvoir rester 3 minutes dans l'appareil, car le bienfait doit être encore plus rapide et radical. Il semble conquis par la cryothérapie et compte y retourner, mais avant une compétition, afin de tester l'aide que cela pourrait lui apporter.

Quant à Anne, elle ne s'était pas encore faite d'idée sur le bien fait après la première séance. Elle a pris un second rendez-vous, où elle a enduré les 2 minutes de cryothérapie. Et même si ce ne sont que 30 secondes supplémentaires par rapport à la première séance, la différence est déjà très importante, puisqu'elle avoue ressentir des picotements dans les muscles durant le traitement. Elle comprenait alors tout le bénéfice de cette méthode de récupération.

Mais qu'en est-il du portefeuille? Lui aussi se sent plus léger après le traitement. Pour le moment, la séance coûte 20€ et cela jusqu'à la fin du mois d'Avril. Par la suite, l'offre découverte laissera place au tarif normal de 36€, avec une réduction pour les licenciés, ramenant le prix à 27€.

Cependant, cela reste l'avis de quelques sportifs. Je ne peux que vous inviter à vous faire votre propre opinion. Personnellement, cela m'a donné envie de tester après un marathon, afin d'avoir les jambes de bois le moins longtemps possible.

Nous remercions Monsieur Pierre-Yves LOPEZ qui a accepté le test, tout en tournant les quelques images de la vidéo et en prenant quelques photos. La République du Centre s'est aussi prêtée au jeu et un article a été publié à ce sujet. Nous lui souhaitons la meilleure réussite possible pour son centre de cryothérapie, LE CRYÔ, au 10 rue des Maltotiers à Orléans. Vous pouvez le contacter par téléphone et par mail, je vous laisse lire les images (afin d'éviter tout piratage, on n'est jamais trop prudent).

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 09:41

Il l'a fait ! Ludovic CHORGNON est vraiment un fou. Rappelons tout de même que le bonhomme a déjà couru l'Himal Race (900km avec 36km D+), le Spartathlon (246km non stop et en moins de 36H), l'Oman Raid (165km avec 6km D+), le mythique marathon des sables (passant pour de la rigolade à côté) et bien d'autres courses d'ultra connues ou non.

Mais l'organisateur du trail "Sur les traces du loup" dans le Loir-et-Cher, s'est lancé un défi pharaonique, en voulant réaliser 41 Ironmans en 41 jours (1 par jour donc). S'il réalisait cet objectif, il battrait allégrement le record du monde officiel (qui est de 10 Ironmans). Alors que d'autres records (non homologués) sont de 33 (pour un français) et de 50 (pour un américain).

Pourquoi 41? Car c'est le numéro que porte le département du Loir-et-Cher, où réside cet extraterrestre. Son théâtre n'était autre que ses routes d'entraînement, dans le Vendômois. Pour la natation, il se rendait à la piscine de Vendôme, dans un bassin de 25m (et enchainaît 152 longueurs).

Mais rappelons qu'un Ironman c'est 3.8km en natation, 180km à vélo et 42.195km en course à pied. Au total, il allait donc nager 155.8km, pédaler sur 7380km et courir 1730km. Soit un total de 9265.80km parcourus, l'équivalent de la distance Paris – Shanghai.

Attention, le champion a beau être fou, il n'en reste pas moins lucide pour autant. Avec toute une équipe de bénévoles (qui grandira tout au long de son aventure), des officiels (un arbitre ne le lâchant jamais), des contrôles anti-dopage (suite à sa propre demande), une équipe médicale (médecins, kinés, nutritionniste, podologue) et surtout sa famille, ses amis et les supporters ! Il n'était jamais seul et très bien accompagné.

Réunissant un budget de 150.000€ pour ce projet41, il démarra son périple le 01 Juillet (bouclant ce premier Ironman en 12h30"). Il allait connaître les fortes chaleurs du mois de Juillet (dépassant les 40°), affronter les douleurs des ongles incarnés et connaitre la douleur suite à une chute à vélo, provoquant une entorse du poignet (lors du 30ème jour). Mais rien n'y fait.

Le 10 Août, il parcourra son dernier Ironman en 12h33', bouclant son incroyable défi ! Les médias étaient au rendez-vous. Certains le suivaient depuis le début (France 3 Centre, la Nouvelle République). D'autres arrivèrent par la suite (L'équipe par exemple). Mais surtout, une fois encore, il n'était pas seul pour nager, avait de nombreux cycliste avec lui. Il termina par ce marathon, là encore avec de nombreux coureurs. Pour certains, c'était leur premier marathon, alors que c'était une course non officielle pour eux. Enfin, le public était de plus en plus nombreux sur la ligne d'arrivée, pour danser et chanter avec lui, à chacune de ses arrivées.

L'objectif de Ludovic CHORGNON n'était pas uniquement de courir 41 Ironmans en 41 jours. C'était aussi de faire parler du Loir-et-Cher et du Vendômois. C'était également, la promotion du sport. Certains ont repris pour l'accompagner, d'autres, commençaient pour la première fois. Pendant ces 41 jours, la ferveur n'a fait qu'augmenter. On peut donc le dire, le champion complètement allumé a réussi son défi !

Et ensuite? Du repos (bien mérité), peut être quelques sollicitations des médias (nous le lui souhaitons) et très certainement, un nouveau challenge dans un futur proche !

Bravo à toi Ludo, tu mérites ton entrée au Guiness World Records.

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 10:08

INTERVIEW MARIE-AMÉLIE LE FUR (100/200/400/LONG - AJBO)

Après Renaud LAVILLENIE, nous accueillons notre second médaillé olympique dans notre rubrique. Notre invitée détient 5 médailles paralympiques : 1 en or (100m – Londres), 3 en argent (100m et longueur – Pékin / 200m Londres) et 1 en bronze (longueur – Londres). De plus, elle a décroché 2 médailles d'or et 3 en argent en championnats du monde. Enfin, elle détient le record du monde de saut en longueur avec 5.43m, mais aussi celui du 400m en 61'41".

 

 

LMA45 : Bravo pour ce palmarès riche en succès. Tu es l'athlète la plus médaillée de la région au niveau international dans ta discipline, nous sommes donc très heureux de t'accueillir. Pour commencer, à quel âge as-tu débuté l'athlé et pour quelle raison ?

 

MALF : J'ai débuté à l'âge de 6 ans pour faire plaisir à ma sœur et l'accompagner.

LMA45 : Les titres départementaux et régionaux s'accumulent, mais l'accident a cassé cette spirale en 2004. Qu'est ce qui t'a motivé à repartir après l'amputation (sous le genou gauche) ?

 

MALF: Tout simplement le plaisir du sport et les sensations que l'on peut y ressentir.

 

LMA45 : 4 mois après l'accident, tu recommençais à courir, alors que les médecins te donnaient 1 an minimum. Comment expliques-tu ce retour fulgurant ?

 

MALF: La jeunesse et l'entourage. J'ai eu la chance de très bien et très vite cicatriser. J'étais donc prête physiquement. Et comme j'étais très bien entourée, la volonté mentale a été facile à trouver.

LMA45 : Et 4 ans plus tard, la découverte des Jeux Paralympiques à Pékin en 2008. Comment as-tu vécu cette première olympiade ?

 

MALF: Assez difficilement, avec du recul, je pense que je n'avais pas su prendre l'évènement à sa hauteur et je n'ai pas réalisé les sacrifices nécessaires pour être au top. Le tout est de l'avoir compris par la suite pour ne pas refaire les mêmes erreurs.

 

LMA45 : Tu sors grandi avec 2 médailles en argent. Mais, le 200m t'échappes après un fait de course. Pas trop déçu par cet accrochage ?

 

MALF: Non,  je ne suis pas déçue cela fait partie de l'athlé et finalement ça reste une anecdote sympathique à raconter même si, sur le coup, la pilule a un peu de mal à passer.

LMA45 : 4 ans plus tard, c'est la consécration. Lors des Jeux Paralympiques de Londres en Septembre 2012, tu décroches les 3 métaux : bronze à la longueur, argent au 200m et or sur le 100m. Est-ce que ça a changé ta vie?

 

MALF: La mienne oui, j'ai l'impression d'avoir été au bout d'un projet engagé de nombreuses années en amont et surtout je suis heureuse d'avoir pu offrir ce moment à mes proches, mon coach et à l'équipe de France. Je suis désormais beaucoup plus sollicitée pour parler du handisport et le promouvoir et je trouve cela particulièrement important. 

LMA45 : Si un athlète valide avait réussi ce genre d'exploit, il aurait une toute autre renommée et pourrait même en vivre. Que penses-tu du fossé qui sépare les valides des handis?

 

MALF: Cette différence peut effectivement faire mal parfois, mais avec le temps on s'y fait et ce que j'aime bien dans le handisport, c'est que nous avons gardé de belles et bonnes valeurs : celles du dépassement de soi, du plaisir du sport. Hors dans le sport "business", ces valeurs s'effacent petit à petit.

 

LMA45 : Que faut-il faire pour que cela change ?

 

MALF: Il faudrait déjà qu'en France nous acceptions de parler du handicap. C'est encore un sujet fragile que l'on peine à associer à des mots tels que compétence ou performance... mais avec le temps, cela évolue ! 

LMA45 : Le financement est il un frein à l'handisport (recherche de sponsors, obtention de matériels) ?

 

MALF: Oui, tout à fait. Pour les handicaps moteurs type amputation ou para/tétraplégie, le coup du matériel est réellement excessif et peu de prise en charge existe. Les sponsors viennent avec les titres mais sans sponsors et matériels comment peut on gagner ces titres ?

 

LMA45 : Pour la première fois, l'Elysée a accueilli les valides et les handis en même temps, lors de la remise des légions d'honneur. Est-ce la même importance qu'un podium sportif ?

 

MALF: Il y a 4 ans, nous avions eu une remise de légions d'honneurs communes et en 2012, ce fut la cérémonie post-olympique de remerciements. Ce sont toujours des bons moments car le mouvement sportif français est très peu souvent réuni. Malheureusement ces cérémonies ne s'adressent qu'aux médaillés, donc beaucoup d'entre nous n'ont pas eu l'occasion de vivre ce moment de partage. Cela représente tout de même une très belle reconnaissance de la part de l'état français, qui met en avant ces cérémonies depuis quelques années maintenant. 

LMA45 : Médiatiquement parlant, ces Jeux étaient retransmis en direct en Grande-Bretagne, alors qu'en France, nous n'avions qu'un résumé tard dans la nuit. La France est-elle en retard par rapport à d'autres nations ?

 

MALF: Oui, nous sommes en retard. Cela vient simplement du fait qu'en France le handicap fait encore peur, on ne sait pas comment en parler et cela rend les gens mal à l'aise. Mais nous voyons tout de même une évolution... il nous reste simplement à bousculer un peu le temps !

 

LMA45 : Lyon a accueilli les Mondiaux en Juillet 2013. France 4 diffusait l'évènement, cependant, il y a peu de chance que le dispositif fasse son retour, puisqu'ils n'auront pas toujours lieu en France. Penses- tu que les médias vous abandonnent, faute d'audience ?

 

MALF: Le manque d'audience est certainement un problème pour le handisport, mais c'est également un problème pour l'ensemble des sports "mineurs". La TNT nous offre de nombreux canaux de visibilité, il faut simplement espérer qu'ils seront exploités au mieux, car si on ne fait jamais découvrir ces sports au public, comment pourrait-il savoir si regarder ce programme les tente ou non ?

LMA45 : En parlant de ces Mondiaux, tu étais le leader de l'équipe de France pour la première fois. Ces championnats devaient être spéciaux ?

 

MALF: Ces Mondiaux ont réellement été particuliers pour deux raisons : le fait d'être capitaine de l'équipe de France et le fait que ce soit en France. Ces deux points ont vraiment renforcé le coté humain de ces championnats, nous avons vécu de merveilleux moments tous ensemble (équipe et public), c'est aussi ça la magie du sport.

LMA45 :Tu pars sur une nouvelle olympiade, avec Rio 2016 en ligne de mire.Quels seront tes objectifs ?

 

MALF: Je ne peux pas me prononcer pour l'instant, car le monde du handisport est en perpétuelle évolution, or je ne sais pas dans quelle mesure je vais avoir évolué d'ici 3 ans.

 

LMA45 : Tu pourrais être accompagnée par trois coéquipiers de l'AJBO : Romain COLLENOT-SPRIET (3000m steeple), Emilie MENUET (20km marche) et Raphaël BEAUGILLET (duathlon handi). Partages-tu tes expériences avec eux ?

 

MALF: Dans la mesure du possible oui. Après, chacun construit sa propre histoire, avec ses réussites et ses échecs. http://a404.idata.over-blog.com/0/43/29/67/Photos-Yann/20120503-Macadam-Blesois/P1150444--Copier-.JPG

LMA45 : Depuis ton accident, ton entraineur Cyril NIVAULT est près de toi dans toutes les étapes. Parle nous du lien qui vous uni depuis toutes ces années ?

 

MALF: Nous sommes au-delà du lien entraîneur/entraîné, il y a beaucoup d'échanges, on se connaît très bien. Nous avons partagé ensemble des moments de grande joie, mais également des défaites et cela a renforcé notre complicité. Nous avons évolué conjointement, et j'espère que cela continuera encore quelques années.

 

LMA45 : Continueras-tu ta carrière au-delà cette olympiade ?

 

MALF: Je ne pense pas

LMA45 : Une fois ta carrière internationale terminée, continueras-tu de participer à des événements avec l'AJBO ?

 

MALF: Oui je pense, sortir totalement l'athlétisme de ma vie sera certainement très dur.

 

LMA45 : C'est bientôt la saison des cross et tu as déjà été championne de France. Reviendras-tu dans la boue ou sur un trail comme tu l'avais fait à Chinon ?

 

MALF: Après ma carrière internationale certainement.

http://a141.idata.over-blog.com/0/43/29/67/Photos-Yann/20121028-courir-a-perte-de-vue/P1160944--Copier-.JPG

LMA45 : Aurais-tu aimé vivre de cette passion qu'est l'athlé ?

 

MALF: Je ne sais pas, car faire autre chose m'apporte un équilibre mental et me permet de continuer à vivre l'athlétisme comme une passion.

 

LMA45 : Tu as été pompier volontaire pendant 6 ans. Comptes-tu le redevenir dans le futur ?

 

MALF: J'ai été jeune sapeur-pompier et cela dépendra des possibilités qui me seront offertes.

 

-LMA45 : Tu parraines plusieurs associations, comptes-tu devenir un exemple et guider les jeunes handicapés?

MALF: Un exemple, pas forcement. Mais un moteur, oui je l'espère.

 

LMA45 : Comme le veut la coutume, les interviews se terminent par une question ouverte. Quelle question aimerais-tu qu'on te pose et quelle en serait la réponse ?

 

MALF: Quels sont les freins au développement du handisport en France ? Bien évidemment le coût du matériel avec le manque de remboursement. Mais il y a aussi les mentalités et le manque de pratique de proximité. Et sur ce point, nous avons tous un rôle à jouer : un rôle de sensibilisation, un rôle d'engagement et de développement, si tout le monde œuvre un petit peu pour cette pratique, nous aurons un important développement.

LMA45 : Je te remercie une nouvelle fois et t'encourage à réaliser tes objectifs.

 

Cet interview a été écrit en Novembre 2013 et finalisé en Janvier 2014. J'ai attendu le moment le plus opportun, afin de le mettre en ligne, bien que le retard soit important. Depuis, elle a gagné de nouvelles médailles aux Championnats d'Europe 2014 et établi un nouveau record sur 400m T44.

Pour vous tenir au courant des actualités de la championne, vous pouvez vous rendre sur son site officiel : http://www.marie-amelie-lefur.fr/

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 12:33
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 16:02

Notre hôte appose sa signature sur nos licences depuis plus de 12 ans maintenant. Notre président nous fait l'honneur de sa présence, afin d'inaugurer la nouvelle piste du stade des allées Jean Leroi de Blois.

http://www.athle.com/upload/actus/Amsalem_Bernard.jpg

LMA45 : Je vous remercie par avance d'avoir accepté de répondre à cette interview. Pour commencer, j'aimerais revenir sur votre passé, plus précisément au handball. Suivez-vous toujours ce sport? 

Bernard AMSALEM : Je suis encore président du club de handball de l'Agglomération de Rouen, qui joue en Nationale 1. J'ai toujours fait du hand, j'ai joué, j'ai arbitré, j'ai entrainé, j'ai présidé plusieurs clubs (Rouen est le 3ème club créé). Cela reste ma passion, mais c'est comme l'athlétisme, le hand c'est courir, sauter et lancer, ils ont les même bases. Lorsque j'étais plus jeune, je faisais du handball l'hiver, puis de l'athlétisme l'été. A l'époque c'était compatible, aujourd'hui ça l'est moins car les saisons sont complètes dans les 2 sports. http://a403.idata.over-blog.com/0/43/29/67/Photos-Yann/20131019-Blois/P1220268--Copier-.JPG

LMA45 : Vous aviez des responsabilités au club du Val-de-Reuil, avez-vous gardé des liens avec cette structure? 

BA : J'ai créé ce club, mais aussi le club d'athlétisme. J'habite toujours cette ville et même était maire pendant 24 ans.

 

LMA45 : Puis vous arrivez à l'athlétisme en 1995, où vous devenez président de la ligue de Haute-Normandie. Qu'est ce qui vous à conduit à ce changement de voie? 

BA : On est venu me chercher alors que je n'étais pas candidat. A l'époque, la ligue était en crise, le président changeait tous les ans. Des observateurs ont vu que j'étais passionné par l'athlé car je venais souvent voir des compétitions régionales alors que je n'avais aucun lien avec cette discipline. Donc les gens se sont dit que s'il vient, c'est qu'il aime ce sport et qu'il pourrait nous aider. C'est comme cela qu'ils sont venus me chercher et j'ai accepté la présidence. Puis je suis rentré à la fédé. http://a395.idata.over-blog.com/0/43/29/67/Photos-Yann/20131019-Blois/P1220239--Copier-.JPG

LMA45 : Justement, vous montez les échelons rapidement, pour devenir vice-président de la fédération en 1997, puis président en Janvier 2001. Etait-ce votre objectif depuis le début? 

BA : Non pas du tout, c'est un monde que je ne connaissais pas et que j'ai découvert petit à petit. Des opportunités se sont présentées à moi, je les ai saisies. Quand je suis arrivé à la ligue la première fois, je ne connaissais personne à part les 2 personnes qui étaient venues me chercher. J'ai quand même été élu à l'assemblée générale. Le président de la fédération de l'époque était là ce jour là et me conseilla de me présenter aux prochaines élections. Je me suis donc retrouvé vice-président l'année suivante et comme ce président avait décidé de ne pas se représenter, il me demanda de prendre la suite. Cela s'est déroulé de manière très naturelle, sans que je le veuille vraiment. C'est passionnant !

 

LMA45 : Réélu en Novembre 2012 pour 4 années supplémentaires, vous ne semblez pas vous lasser dans cette fonction. Qu'est ce qui vous motive encore aujourd'hui? 

BA : On a fait un excellent travail avec le DTN actuel, Ghani YALOUZ, sur l'olympiade précédente. On a une génération de jeune de grand talent, qui va briller à Rio en 2016 et au-delà,  à Tokyo 2020. Avec Ghani, on ne voulait pas arrêter, pour les accompagner au moins jusqu'à Rio. D'ailleurs, ce sera surement mon dernier mandat car je pense qu'il faut passer la main à un moment donné. Mais on aura assuré jusqu'aux prochains JO. D'ailleurs, on a mis ne place des politiques nouvelles, qui ne sont pas encore acceptées par tous les clubs, il fallait donc 4 ans de plus, pour stabiliser tout cela. 

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LMA45 : Quel bilan pouvez vous tirer de cette première décennie à la tête de la fédération? 

BA : On a progressé comme jamais. Les résultats de l'olympiade précédente, en général on prend les 4 années, sont les meilleurs de notre histoire. Si on cumule les résultats des différentes compétitions (Jeux Olympiques, Championnats du Monde, Championnats d'Europe) et quand on regarde les résultats chez les jeunes, c'est pareil. Si on prend d'autres indicateurs comme le nombre de licenciés, qui n'ont jamais autant augmenté dans l'histoire et qui continuent de le faire. Cela fait 10 ans que nous connaissons une augmentation constante de 6 à 10% chaque année.

 

LMA45 : Que souhaitez vous mettre en place ou développer au cours des prochaines années? 

BA : Les priorités du dernier mandat sont de consolider tout ce qu'on a mis en œuvre au niveau des jeunes, de l'athlé santé loisir et au haut niveau. Ce qu'on est en train de mettre en route, ce sont des politiques de soutien dans les disciplines faibles. En France, les lancers, le marathon, la hauteur en ont besoin. On a travaillé avec le DTN les dernières semaines, pour mettre ne place un plan qui va démarrer au 1er Janvier de l'année prochaine (2014) et qui consistera à apporter un soutien particulier aux athlètes de ces disciplines. http://a54.idata.over-blog.com/0/43/29/67/Photos-Yann/20131019-Blois/P1220261--Copier-.JPG

LMA45 : L'indoor commence à s'installer dans plusieurs ligue. Cependant il n'est pas facile d'avoir des installations. Dans le Centre, nous n'avons qu'une salle à Orléans et a plus de 20 ans. La fédération a-t-elle amorcé une réflexion à ce sujet? 

BA : Oui, notre objectif est d'avoir au moins une salle couverte par région. J'ai pris mon bâton de pèlerin il y a maintenant 10 ans, puis j'ai fait le tour des régions, une par une, pour inciter les élus régionaux ou locaux, à prendre des initiatives. Au moment où j'ai commencé, il y avait 4 salles en France (Liévin, Aubonne, Val de Reuil, Bercy). Aujourd'hui, nous en sommes à 15 ! Avec les projets en cours, on devrait arriver à 20, voir 22 en 2016-2017. Actuellement, Nantes a été inaugurée la semaine dernière (Septembre 2013), Rennes est en procédure de construction, ???? (je ne trouve pas la ville) qui est en procédure d'appel d'offre, Strasbourg qui est en procédure d'étude. Et puis Orléans, j'ai rencontré l'adjointe au maire il y a peu de temps, afin de l'inciter à y réfléchir, je lui ferais visiter Val-de-Reuil prochainement, pour lui montrer ce qu'est un stade couvert. J'espère que cela débouchera sur la création d'une salle couverte à Orléans.

 

LMA45 : La ligue du Centre a accueilli les France de cross et de 24h en 2013. Pour 2014 ce sera l'Ekiden. Quels sont les atouts de notre ligue? 

BA : Comme son nom l'indique, c'est une ligue qui est au centre de la France. Géographiquement, c'est une région qui est accessible de partout. C'est important, afin d'éviter de faire de trop longs voyages. Deuxièmement, il y a un réseau de clubs dynamiques, que ce soit en stade ou hors stade. On l'a vu à Lignière-en-Berry (championnats de France de cross), qui était un pari, avec son magnifique hippodrome. Avec les gens du comité de la ligue, on s'est dit "et si on faisait un cross" et un grand succès a été au rendez-vous. Quand il y a des dirigeants qui sont responsables et qui prennent des initiatives, le résultat donne un territoire qui est mieux animé. Et là en l'occurrence, le Centre se distingue. Vous n'avez pas parlé du meeting du poids indoor d'Amilly. C'est une formidable initiative pour cette discipline, de faire du poids un spectacle. C'est un exemple. http://ligueducentre.athle.com/upload/ssites/news/07/101607_small.jpg

LMA45 : Alain Butté a été élu à la tête de cette ligue régionale il y a un maintenant. Que connaissez-vous de lui? 

BA : On a déjà discuté ensemble, il est connu du milieu de l'athlétisme. Il a été athlète, entraineur, dirigeant (à l'AMO Mer) et maintenant président de ligue. Il a franchi toutes les étapes, il connait parfaitement l'athlé, jusqu'au bout des doigts. Il a toutes les qualités pour développer et animer ce territoire régional.  http://a137.idata.over-blog.com/0/43/29/67/Photos-Yann/20131019-Blois/P1220245--Copier-.JPG

LMA45 : L'handisport a du mal à se développer en France. Pensez vous que la FFA peut aider son homologue handi et de quelle façon elle pourrait le faire? 

BA : Oui, bien sur. On a une convention avec la fédération handisport. On va de nouveau se rencontrer prochainement, car on souhaite les aider d'avantage. Actuellement, la quasi-totalité des athlètes handisports font parti d'un club de la FFA et sont entrainés dans ces derniers. Maintenant ce qu'il manque, c'est la détection, pour trouver de nouveaux athlètes. Plutôt que d'attendre qu'ils viennent, les jeunes en particulier, on doit faire un travail ensemble afin de les aider.

 

LMA45 : Et niveau budget, alors que la course à pied est le premier sport pratiqué par les français, pensez-vous que la FFA mériterait une plus grosse enveloppe à côté d'autres sports comme le football? 

BA : On a un bon budget, on se débrouille on va dire. Avec la croissance du nombre de licenciés et l'image de l'athlé qui est extrêmement valorisante en ce moment, cela attire les partenaires. Nous avons pu renouveler 100% de ces partenariats sur l'olympiade précédente, ainsi qu'en trouver des nouveaux. Dans les temps qui courent, c'est un exploit. On a donc les moyens. C'est plus une question d'organisation et de formation. Nous devons former des entraineurs, des éducateurs, des animateurs et c'est la priorité des priorités de cette olympiade. http://a402.idata.over-blog.com/0/43/29/67/Photos-Yann/20131019-Blois/P1220263--Copier-.JPG

LMA45 : Vous nous disiez plus tôt avoir pratiqué l'athlétisme, mais quelle discipline? 

BA : Le lancer javelot au stade Sainte-Villiers.

 

LMA45 : Vous n'étiez pas revenu dans le Loir-et-Cher depuis 3 ans. Quand pensez-vous revenir? 

BA : Dès la prochaine occasion d'une manifestation nationale. http://thepinkrunner.fr/wp-content/uploads/2014/01/france-ekiden-e1389732058409.jpg

LMA45 : Mis à part Romain COLLENOT-SPRIET (il venait de discuter avec ce dernier), connaissez-vous un ou plusieurs athlètes pouvant prétendre à une participation pour les prochains Jeux Olympiques? 

BA : La petite Emilie MENUET (AJBO). Cette marcheuse à beaucoup de talents, est jeune, elle a déjà brillée au niveau européen chez les juniors. La suite logique serait de pouvoir briller au niveau mondial.

 

LMA45 : C'est une petite tradition, pour chaque fin d'interview, j'aimerais connaitre la question que vous aimeriez qu'on vous pose et quelle en serait la réponse? 

BB : Je ne sais pas, j'ai déjà répondu à beaucoup de questions et il faudrait que je réfléchisse un peu plus. http://a397.idata.over-blog.com/0/43/29/67/Photos-Yann/20131019-Blois/P1220264--Copier-.JPG Je vous remercie une nouvelle fois d'avoir accepté cette interview, qui permettra à tous nos lecteurs de mieux vous connaitre. Elle sera consultable sur le site du LMA45 et sur celui d'Infosport-Loiret.

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18 janvier 2014 6 18 /01 /janvier /2014 00:49

Cela fait un petit moment que nous n'avons pas changé de chaussures non? Aller, on va remettre ça avec une interview d'un grand nom ! Je vous laisse tenter de deviner via les commentaires. La réponse sera donnée dans le courant de la semaine prochaine !

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 12:03

Bonjour Stéphane et merci d'avoir fait le déplacement à Contres pour ces foulées. Avant toi, Renaud LAVILLENIE et Yohann DINIZ se sont prêtés au jeu du questionnaire magdunois. Je reviens rapidement sur ton palmarès impressionnant : 2 fois médaillé d'or en championnat du monde (400m haies en 1997 et 4x400m en 2003), mais aussi l'argent (400m haies en 1999) et le bronze (400m haie en 1995). Au niveau continental, tu as 1 titre et 3 autres podiums. Tu es toujours le détenteur du record d'Europe du 400m haies : 47"37 (1995). http://www.stephane-diagana.fr/wp-content/uploads/2011/11/diagana-bref-595x233.jpg

LMA45 : Pour commencer, je vais faire travailler ta mémoire ! A quel âge as-tu commencé l'athlé?

Stéphane DIAGANA : J'ai commencé à l'âge de 10 ans. 

http://www.infosport-loiret.fr/Foulees%20controise%202013/Contres_0061.JPG

LMA45 : Comment es tu arrivé au 400m haies?

SD : Ca a été un long parcours, car lorsqu'on commence à 10 ans dans un club, les éducateurs te font toucher à tout (lancer, saut, course). Très vite, les lancers je les ai mis de côté, ce n'était pas mon truc. Au-delà du cross l'hiver, l'été j'étais pas mal en saut en hauteur et sur les haies hautes. En junior, je commençais à vraiment bien marché puisque j'ai fait un podium aux Frances du 110m haies. Mais suite à des problèmes au dos, j'ai du arrêter. J'étais aussi pas mal sur 400m plat, car j'avais un entrainement assez large, alors je me suis tourné sur cette discipline sur ma 2nd année de junior. Puis j'ai voulu reprendre les haies, alors j'ai suivi sur cette distance. http://p4.storage.canalblog.com/44/72/938849/71304273.jpg

LMA45 : Lorsque tu étais encore dans les jeunes catégories, que représentait l'athlétisme à tes yeux?

SD : Je n'imaginais pas que ça allait devenir mon métier pendant une quinzaine d'années. Ca représentait plutôt le plaisir, les sensations, être dans un groupe d'ami avec qui partager les séances. Après, la compétition et la recherche du très haut niveau, c'est arrivé bien plus tardivement. Quand j'étais gamin, les championnats du monde n'étaient pas un objectif, même à mes 18/19 ans. 

http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1009966-St%C3%A9phane_Diagana.jpgLMA45 : Puis les performances se sont accumulées avec titres et records. Quel est ton plus beau podium?

SD : C'est difficile car c'est beau pour différentes raisons. Le premier titre mondial en 1997, forcément, de plus j'étais blessé l'année précédente lors des JO d'Atlanta, où j'étais dans les tribunes. Rebondir un an plus tard à ce niveau, c'était super !

Le titre au relais du 4x400m en 2003, c'est une autre aventure. En plus ça s'est fait en 2 temps. Il y a aussi le titre européen en 400 haies en 2002.  http://www.athle.com/interview/4x400_paris2003_2.jpg

LMA45 : Médaillé mondial et européen, mais pas Olympique. Est-ce ta plus grande déception sportive?

SD : Pas spécialement car j'ai eu une belle carrière et j'ai pu faire de belles performances pendant plus de 10 ans. http://franceolympique.com/files/Image/CAS/stephane%20diagana.JPG

LMA45 : Tu as eu l'honneur de porter la flamme Olympique lors de son passage à Paris en 2008 et à bien d'autres occasions. Etait-ce une sorte de réconciliation avec cette épreuve?

SD : Non ce n'est pas une réconciliation, mais une marque de reconnaissance. Mais ça ne remplacera pas un podium, une médaille, glané sur le terrain. 

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/images/2010/04/23/grand-athlete-s-il-en-est-stephane-diagana-sera-ce-week-end_878854_800x600p.jpgLMA45 : Ta carrière au niveau international se termine en 2004, après plus de 14 ans au haut niveau. Quel est le bilan de ta carrière?

SD : Une très belle carrière, surtout par rapport à mon niveau et ce que je pouvais espérer. Pas forcément en terme de résultat, mais ce que j'ai pu tirer de moi. Je n'ai pas une carrière qui laisse beaucoup de regrets.  http://www.tarn-loisirs.com/IMG/jpg/diagana.jpg

LMA45 : Diplômé en 2004, comment c'est passé ton insertion dans le monde du travail?

SD : Assez bien car je vais pouvoir me préparer. http://www.infosport-loiret.fr/Foulees%20controise%202013/Contres_0031.JPG

LMA45 : Après avoir mis les pointes au placard, tu sors les baskets et tu t'es mis aux efforts d'endurance. Quel plaisir trouves tu dans cette reconversion sportive?

SD : C'est une continuité pour moi. Quand j'étais jeune je faisais les cross mais aussi de longs footings. J'ai toujours eu envie de courir, ce n'est pas parce que j'ai arrêté l'athlétisme au haut niveau que j'allais tout arrêter pour autant. J'ai toujours autant de plaisir. http://www.vo2.fr/typo3temp/pics/a85e70ea75.jpg

LMA45 : Le 10km controis ne t'a pas tenté ce matin (Romain BARAS avait participé à la corrida de Montrichard)?

SD : Je ne pouvais pas à cause du timing (sollicitations et inauguration). http://www.infosport-loiret.fr/Foulees%20controise%202013/Contres_0038.JPG

LMA45 : Depuis plusieurs années, tu es consultant pour France Télévision lors des rares évènements télévisés. Comment vis tu cette nouvelle expérience?

SD : C'est une autre façon de partager. L'idée pour moi est d'amener aux spectateurs des éléments, ils vont permettre de mieux comprendre et d'apprécier ce qu'ils voient. Je fais aussi du décryptage.  http://www.infosport-loiret.fr/Foulees%20controise%202013/Contres_0049.JPG

LMA45: Merci justement d'être là, car, de mon point de vue, les autres commentateurs ne sont pas au niveau.

SD : Merci. On est une équipe, c'est complémentaire, Patrick MONTEL est en charge de l'animation et nous sommes là pour amener les précisions. http://www.vo2.fr/typo3temp/pics/f0fc926897.jpg

LMA45 : Tu accroches une autre corde à ton arc en étant un fervent militant de la lutte contre le dopage. Penses tu que les organisations, fédérations et institutions en font assez? Que devraient-ils faire pour rendre ce sport totalement propre?

SD : Aujourd'hui ils en font beaucoup plus qu'il y a quelques temps, c'est pour cela qu'il y a de grands champions qui tombent maintenant. Les leviers sont actionnés maintenant avec la technologie, il y a plus de moyens qui sont mis en œuvre. Il y a des collaborations entre les états, les services de polices, de douanes, qui permettent d'être efficaces. Il y a aussi des collaborations entre les états et les mouvements sportifs, les agences indépendantes. Tout cela augmente les chances de trouver les tricheurs.

Le dernier échelon maintenant c'est le levier financier. Il faudrait qu'à un moment, lorsque quelqu'un gagne de l'argent en trichant, qu'il y ait des procès. Mais on en prend la voie, car j'ai entendu que l'état américain attaquait Lance AMSTRONG (cyclisme), comme l'US Postal était sponsor et que c'était de l'argent public. Cela pourrait changer la donne, car ces sportifs pourraient être inquiétés sur leurs patrimoines. http://www.athle.fr/upload/news/19/6519_big.jpg

LMA45 : Peu d'athlètes peuvent réellement vivre de ce sport malgré un très bon niveau. Ne serait ce pas une des causes du dopage?

SD : Cela dépend des disciplines, mais pour en vivre, il faut être régulièrement dans le top 10 mondial. La recherche de la performance, dans tous les domaines, est une incitation à la triche, ce n'est pas que dans le sport. On peut avoir tendance à contourner les règles. Le sport par définition c'est la recherche de la performance. Si on veut arrêter le dopage en supprimant la recherche de la performance, on arrête le sport tout simplement. http://www.infosport-loiret.fr/Foulees%20controise%202013/Contres_0056.JPG

LMA45 : L'avenir maintenant, ton ami Félix SANCHEZ (République Dominicaine) prendra sa retraite l'année prochaine. C'est une page qui se tourne?

SD : Oui en effet, c'est un grand nom de la discipline, comme l'a été Edwin MOSES (USA – 4 records du monde – 2 fois champion olympique (Montréal 1976 et Los Angeles 1986 + le bronze à Séoul 1988) – 2 fois champion du monde – 122 victoires consécutives). Félix est quelqu'un qui porte très bien les valeurs de cette discipline. J'ai un peu couru avec qui plus est. http://4.bp.blogspot.com/-3yPsGtvcwU4/UCHDHRIkSXI/AAAAAAAADlg/-NvrrdcIB94/s1600/Felix_Sanchez-London2012.jpg

LMA45 : Aucun français n'a pris part aux JO de Londres sur le 400m haies. Comment vois-tu notre avenir dans cette discipline?

SD : On a quelques athlètes même si c'est très long. Chez les juniors on regarde ce que ça donne, il faut patienter pour les voir émerger. http://www.infosport-loiret.fr/Foulees%20controise%202013/Contres_0052.JPG

LMA45 : As-tu l'âme d'un entraineur?

SD : Oui, pourquoi pas. 

http://infographies.pagesperso-orange.fr/Stephane_Diagana.jpg

LMA45 : Est-ce qu'un DIAGANA pourrait se faire un prénom dans l'athlé?

SD : J'ai 1 de mes enfants qui fait de l'athlé alors qu'un autre a arrêté l'année dernière. On verra. http://www.athle.fr/upload/news/44/8444_big.jpg

LMA45 : Quels sont tes prochains objectifs personnels dans la course à pied?

SD : En ce moment je me suis fixé des objectifs sur le triathlon, dans un premier temps. Mais pas d'IronMan, je n'ai pas assez de temps pour m'entrainer dans ce sport, un half à la limite, mais pas un complet. http://www.infosport-loiret.fr/Foulees%20controise%202013/Contres_0058.JPG

LMA45 : Tu as beaucoup voyagé, pour l'athlé ou tes projets. Quel pays as-tu préféré? Voudrais-tu en découvrir un en particulier?

SD : Je n'ai pas de pays préféré, je suis curieux et j'apprécie ce que chaque pays a à nous offrir, ce qui est différent. J'aime beaucoup l'Afrique du Sud, pour y être allé plusieurs fois, j'aime aussi l'Australie, le Sénégal via mes origines. Mais la liste pourrait être longue, même lorsque je suis aux Etats-Unis, il y a des choses que j'aime bien et d'autres que je n'aime pas. http://medias.lepost.fr/ill/2008/04/22/h-4-1178250-1208869734.jpg

LMA45 : Quelle question aimerais tu qu'on te pose et quel en serait la réponse?

SD : Pourquoi as-tu fait de l'athlé?

La réponse serait : parce que j'aimais ça ! (rire). http://www.infosport-loiret.fr/Foulees%20controise%202013/Contres_0059.JPG

LMA45 : Pour finir, aurais tu un conseil ou un petit mot à dire à tous ceux qui lirons cet article?

SD : Bonjour à tous tout simplement et vive l'athlé !

http://www.francesoir.fr/sites/default/files/imagecache/diaporama/stephane_diagana.jpg

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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 21:31

IL L'A FAIT ! RENAUD LAVILLENIE EST CHAMPION OLYMPIQUE 2012 DE LA PERCHE

Retour sur la rencontre de l'athlète qui aura sauté le plus haut à la perche lors de cette olympiade

5m97 : NOUVEAU RECORD OLYMPIQUE


 

Et oui, Antony aura bien essayé (via mail) mais il n'aura pas trouvé. Les chaussures présentes dans l'article annonciateur étaient celles de Renaud LAVILLENIE, recordman de France du saut à la perche (en salle et en plein air), triple champion de France, triple champion d'Europe, 2 fois bronzé aux mondiaux et double vainqueur de la ligue de diamant. J'ai eu l'honneur et le privilège de l'interviewer le 09 Octobre dernier, à l'occasion des 10 ème foulées Gervaisiennes. Voici la retranscription écrite de cette interview orale :

P1110374Bonjour Renaud, merci d'avoir accepté cette petite interview pour le site du LMA45.

J'essayerai d'être le plus bref possible, afin de te laisser répondre aux différentes sollicitations.

P1110329-  Ta présence est grandement due à Francis Menant, père de ton coéquipier de club au perche attitude 63 : Corentin Menant. Quelle a été ta réaction lorsqu'ils t'ont proposé l'invitation?

C'est une invitation groupée avec le groupe d'entrainement, et voulant rendre service à Corentin cela m'a donc intéressé.

P1110392

-  Est-ce ta première venue dans cette partie du département?

Non, j'ai déjà sauté à Blois où j'avais passé une barre à 4.60m en 2004, ainsi qu'à Vineuil, pour les Interclubs avec Cognac, et j'avais passé une barre à 5.80m en 2008.

P1110432

-  Romain Barras était venu il y a bientôt 1 an à Montrichard (tout près d'ici) pour participer à la course locale (Touraine Primeur). T'en a-t-il parlé?

Non pas du tout.

P1110405

-  Cela ne t'a pas tenté de faire une des courses aujourd'hui, afin de découvrir la forêt de St-Gervais?

Non, ce n'est ni ma prédilection, ni mon envi.

P1110407

-  Comment trouves tu ce sautoir?

C'est un sautoir que je connais car il fait un peu le tour de la France. On l'a déjà utilisé pour des évènements comme aujourd'hui, mais aussi pour des compétitions. Il n'y a donc aucune surprise.

P1110398

-  Est-ce un peu comme à Berlin, lorsque tu as sauté à la porte de Brandebourg?

Ce n'est pas du tout la même configuration, mais on va dire que dans l'esprit, c'est un peu le même type.

P1110470

-  Encore une fois, tu as dominé la saison de perche. Je ne te reparlerais pas du passé, car ça ne le changera pas, même si tu as remporté de nouveau la ligue de diamant, félicitation pour cette performance. Alors parlons du futur. Nous sommes encore loin des JO, est ce ton objectif premier pour la prochaine saison?

Pour l'instant, mon objectif premier reste la saison Indoor, avec les championnats du monde en salle. Après, je prendrais compétition par compétition pour arriver tout doucement aux Jeux Olympiques.

P1110388

-  La saison en stade vient tout juste de se terminer avec les derniers mondiaux, en as-tu profité pour prendre des vacances? 

Là c'est justement la fin de mes vacances (3 semaines), je reprends l'entraiment dès Lundi.

P1110419

-  Penses-tu encore au record de Sergei Bukka?

Non, car je n'y ai jamais pensé. Et je n'y pense toujours pas.

P1110447

-  Le record de France tu essais de l'améliorer petit à petit?

Oui voilà, après je ne saute pas pour faire des records,  mais pour aller sur les podiums.

P1110488

-  Pour finir, que peux tu dire à nos lecteurs?

Soyez nombreux à suivre l'athlé, et ça fait toujours plaisir d'avoir des supporters un peu partout dans les quatre coins de la France.

P1110490

Merci encore d'avoir accepté cette interview, et d'être venu à St-Gervais pour la 10ème édition de son trail. Bon courage pour la suite, nous espérons avoir une marseillaise à Londres en ton honneur. C'est tout le mal qu'on peut te souhaiter.

P1110504

Mais ce n'est pas fini, prochainement, vous aurez toutes les photos de l'évènement, ainsi que son compte rendu. Merci encore aux organisateurs de St-Gervais, ainsi qu'à l'équipe du perche attitude 63 pour cette matinée riche en émotions.

 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 14:15

Bonjour Yohann, c'est un grand honneur pour moi de pouvoir interviewer un athlète de ta renommée. Mais tu es le 2nd international médiatique qui va prêter ses chaussures. Renaud LAVILLENIE c'est déjà prêté à cet exercice.

http://yerrus.courseapied.net/photos/5098-11%20Yohann%20Diniz%2013kmh.jpg LMA45 : A quel âge as-tu commencé l'athlétisme? As-tu fait autre chose que de la marche? 

Yohann DINIZ : J'ai commencé la marche à 23 ans. Mais je goutais déjà à l'athlétisme quand j'étais en benjamin et minime, où je faisais du demi-fond. De plus, je faisais d'autres sports.

P1130463 (Copier)

LMA45 : Comment en es tu arrivé à faire de la marche athlétique, alors qu'à ce moment là, c'était une discipline presque inconnue en France?

YD : Un jour, j'ai eu envi d'essayer. C'est un geste que je trouvais particulier et j'ai tout de suite eu la technique. De plus, je prenais du plaisir à chaque fois, alors j'ai continué. Puis j'ai persévéré et de fil en aiguille, je suis devenu celui que vous connaissez aujourd'hui.  http://rpi-carantilly-dangy-quibou.etab.ac-caen.fr/sites/rpi-carantilly-dangy-quibou.etab.ac-caen.fr/IMG/jpg/gestes.jpg

LMA45 : Grâce à toi, la marche athlétique est sortie de l'ombre en 2006 avec ton titre européen. Comment as-tu vécu ce déferlement médiatique?

YD : C'était un peu cherché de ma part afin de faire connaitre la discipline au grand public. J'en avais assez de devoir me planquer pour marcher, de me faire insulter ou quoi que ce soit. C'était pour s'assumer marcheur. J'ai donc profité de cette notoriété pour faire passer ce message et qu'on n'ai plus honte de faire notre sport.

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LMA45 : D'après toi, pourquoi ce sport, pourtant si difficile, n'est il pas aussi reconnu (sinon plus) que les sprints?

YD : C'est décrié, mais il y a tellement de différences de niveau. Par exemple à ces championnats, Inès PASTORINO est très belle à voir marcher alors qu'au même moment, on voit des athlètes avec de gros problèmes techniques. Il y a forcément de très grandes différences, alors que le coureur s'il courre mal … bon oui ça va se voir aussi (rire). Mais la différence est encore plus accentuée par ce geste.  P1130212 (Copier)

LMA45 : N'est ce pas un peu frustrant? Surtout aujourd'hui, où Christophe LEMAITRE redore le blason du sprint dans les médias français ?

YD : Non, je pense qu'ils en parlent toujours autant. Après le 100m ça reste le 100m. On ne nous oublie pas.

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LMA45 : Tu es un athlète d'envergure mondial, mais tu n'es que semi professionnel. Aimerais-tu pouvoir gagner ta vie en marchant? Qu'est ce qui te manque pour y arriver? 

YD : Je n'ai pas à me plaindre, j'ai des aides, et j'arrive à vivre de la marche. 


LMA45 : Tu es donc facteur marcheur, mais que fais tu au sein de cette entreprise? 

YD : Je ne suis pas facteur mais cadre à la poste. Je suis ambassadeur de la santé au travail. On travail sur des séminaires pour les manageurs, les cadres. J'interviens aussi auprès des facteurs ou dans les centres de tris pour faire des interventions. 

http://i31.servimg.com/u/f31/09/02/30/17/la_pos10.jpgLMA45 : Tu as passé 3 semaines à 1400m d'altitude en Afrique du Sud lors d'un stage. Tu as pu rencontrer Emilie MENUET, grande espoir de la marche féminine. Que peux-tu nous dire sur son potentiel? 

YD : Elle a un très bon niveau, avec Inès PASTORINO…

(Elles passent justement auprès de nous et Yohann s'écrit "Aller les gars… euh non aller les filles pardon, aller les filles !" (rires))

… elles se tirent la bourre. Il y a une émulation qui est très saine, c'est super pour l'avenir de la discipline. Surtout que c'est un peu le désert chez les filles, mis à part Sylvia. Il ne faut pas leur demander de faire les minimas pour les championnats du monde tout de suite, mais ça viendra et ça se fera tranquillement au petit à petit.

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LMA45 : Peut-elle doubler marche-cross tout au long de sa carrière? 

YD : Non, d'après moi, il ne faut plus le faire. C'est bien quand tu es jeune, en cadet/junior. Son but ce n'est pas de courir mais de marcher. Même pour le foncier, il faut le faire en marchant.

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LMA45 : Tu n'as jamais été tenté par la course à pied ? Car mine de rien, tu marches aussi vite que nous quand nous courons !

YD : J'ai un peu couru et je n'étais pas trop mauvais. J'ai fait un 10km sur le Nice-Cannes, sans m'entrainer et sans forcer. A l'arrivée j'étais dans les 32'. Plus jeune j'ai fait 1'53" au 800m, 2'39" au 1000m. On peut dire que j'étais bon coureur.

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LMA45 : (Encore abasourdi par la réponse précédente) Tu le disais toi-même, tu arrives sur la fin de ta carrière internationale. Est-ce que ces stages en groupe, avec des jeunes, n'est pas une façon de passer le flambeau à quelqu'un d'autre? Une sorte de formation pour la jeunesse de la marche.

YD : Non, je n'arrive pas encore sur la fin, quand est-ce que vous jugez ma fin , vous ?

 

LMA45 : Bah, il te reste encore 5 ans au plus haut niveau.

YD : Oui voilà, il me reste encore au moins 4 ans devant moi, ce n'est donc pas la fin. C'est la seconde moitié. Pour répondre à ta question, le but de ses stages est justement de passer le flambeau à la future génération. Après, tout le monde prend ce qu'il veut. Je m'entends bien avec ces petites jeunes (Emilie et Inès passent de nouveau). Mais j'ai un peu plus de mal avec les nouveaux petits jeunes garçons. Donc ceux qui veulent bénéficier de mon expérience, ils prennent et ceux qui n'en veulent pas, ils ne prennent pas. Je ne me formalise pas, je fais mon job. Je suis arrivé comme un cheveu sur la soupe dans la marche, j'en ferais de même en y sortant.

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LMA45 : Tu attends beaucoup de ces olympiades londoniennes, comment te sens tu à 103 jours du défilé d'ouverture? (au jour de la publication de l'article, nous sommes dans la dernière ligne droite avant les jeux) 

YD : Je me sens très bien. Je fais l'impasse aujourd'hui sur ces championnats de France afin de me reposer un peu car j'ai fait une grosse perf il y a 3 semaines (ndlr : à Lugano, Yohann a battu le record de France du 20km en finissant second de la course). Cela nécessite une bonne récupération par la suite, afin de repartir en forme pour les jeux. Il ne faut pas se tromper d'objectif.

P1130449 (Copier) LMA45 : Ce dernier se fait sur un rythme de marche assez lent, est-ce handicapant quelques jours avant un 50km aussi intense?

YD : C'est justement pour cela que je ne défilerais pas.

 

LMA45 : Mais ça doit être un véritable honneur que de faire ce défilé non?

YD : Oui, mais il faut savoir ce qu'on veut. Et moi, je veux la médaille.

P1130473 (Copier) LMA45 : Tu as renoncé à doubler 20 et 50km pour les JO. Mais le feras tu avant la fin de ta carrière international? 

YD : Oui, je pense que je le ferais. Avant la course de Lugano (1h17'43" sur 20km) je pensais que j'étais vieux. Mais maintenant, j'estime que je peux encore faire mieux. Pour doubler 20/50, on verra cela après les jeux de Londres. Je ne veux pas encore prendre de risque et décrocher une médaille.

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LMA45 : Comment vois-tu ton quotidien, une fois cette carrière terminée? Le carton rouge ne viendra sûrement plus hanter tes nuits?!

YD : Je suis déjà en train d'envisager la suite. Je suis des formations pour passer le professerat de sport. Ainsi, je pourrais transmettre mon expérience, pas que dans la marche, mais dans le sport et l'athlétisme en général.

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LMA45 : D'ailleurs, comment gères-tu autant de kms de marche en entrainement ?

YD : C'est n'est pas dur. C'est le plaisir, la passion, j'aime ça. Donc tant que j'aimerais, je continuerais à marcher. Néanmoins, le jour où il n'y aura plus de plaisir, ça deviendra dur.

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LMA45 : Au jour d'aujourd'hui, quel a été pour toi ton plus beau voyage (humainement parlant, en faisant abstraction de la performance sportive) ?

YD : Le Brésil a été mon plus beau rendez vous.

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LMA45 : Connais-tu Antony VAIR-PIOVA ? C'est le président du LMA45 et fut un très grand marcheur international à son époque, avec plusieurs perfs en 10h sur 100 bornes

YD : Alors ça les gars ! (rire) C'est beau, respect !

LMA45 : Alors justement Antony, as-tu une question à poser à Yohann?

Antony VAIR-PIOVA : Non, j'ai plein de questions à lui poser. On lui dédit déjà la médaille d'or à Londres. Fais attention Yohann. Tu marches trop bien, les autres sont nuls à coté de toi. Et de toute façon, tout le monde marche en suspension, ne t'en fait pas pour ça.

YD : Lors des derniers championnats du monde (où Yohann a été disqualifié pour marche irrégulière) je pensais être bien techniquement pourtant. Ils n'ont pas voulu que je refasse la même tactique qu'à Barcelone (championnats d'Europe, où Yohann est parti à fond dès le départ, pour marcher seul tout au long de l'épreuve)

AVP : Bernard FORT ne croyait pas en toi quand tu es parti tout seul dès le départ. Et pourtant !

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LMA45 : Se sont toujours les journalistes et les fans qui te posent des questions. Mais toi, quelle question aimerais tu qu'on te pose? Et quelle en serait la réponse ?

YD : Ce qu'on disait tout à l'heure, qu'est ce qui nous fait marcher et avancer. Et c'est la même chose pour tout le monde, garder le plaisir, la flamme et aimer ce qu'on fait.

 

LMA45 : Pour finir, quels conseils pourrais-tu donner aux marcheurs qui liront cet article?

YD : Comme je vous l'ai dit à l'instant, il faut vous faire plaisir. Garder en mémoire les premiers pas que vous avez faits sur un stade et se souvenir de la raison qui vous y a poussé, en allant toquer à la porte d'un club. Profitez de la convivialité, du partage et amusez vous. Mais n'oubliez pas de transmettre tout cela aux petits nouveaux qui vous rejoindront par la suite.  http://www2.pictures.zimbio.com/gi/Yohann+Diniz+20th+European+Athletics+Championships+grLcpQhdbedl.jpg

Je te remercie une nouvelle fois d'avoir accepté cette rencontre. Nous postons tous nos encouragements en direction de Londres, en faisant en sorte qu'ils t'arrivent le 11 Août prochain, jour de l'épreuve du 50km marche. Mais plus que tout, fais toi plaisir, oublie toute cette pression et marche comme tu sais le faire.

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