21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 10:26

Quarante ans. Voilà, le Marathon de Paris vient de passer un cap avec sa 40ème édition ! Et l'épreuve a beaucoup évolué pendant cette longue période. En réalité, l'épreuve est née en 1896, quelques jours après la course des Jeux Olympique d'Athènes. On dénombrait à l'époque, 191 partants pour 282 engagés et 40 km à parcourir (la distance réelle entre Marathon et Athènes). Ce sera le britannique Len HURST qui coupera le premier la ligne d'arrivée en 2h31'30". 87 autres athlètes suivront.

L'épreuve ne sera pas reconduite… avant 1976. Théâtre des championnats de France, ils étaient alors 148 à prendre le départ. Et c'est Jean-Pierre EUDIER qui s'imposa en 2h20'57", sur un parcours en boucle dans le bois de Boulogne.

Alors que l'épreuve n'était ouverte qu'aux hommes, cela changea à partir de 1979, où la suissesse Vreni FORSTER fût la première lauréate du classement féminin, couvrant la distance en 2h51'14".

 

Depuis 2005, le parcours n'a pas radicalement changé, puisqu'il est entièrement situé sur la rive droite de la Seine, tout en restant dans les limites administratives de Paris. Pour la tarif par contre, il aura grimpé en flèche depuis, dépassant les 100€ aujourd'hui.

En terme chronométrique, c'est l'éthiopien Kenenisa BEKELE qui détient le record chez les hommes en 2h05'03" depuis 2014. Pour les femmes, c'est également une éthiopienne qui détient la référence parisienne depuis 2013, puisque Feyse TADESE terminait la course en 2h21'06". Au niveau mondial, c'est le 8ème marathon le plus rapide chez les hommes, alors que nous le retrouvons à la 10ème place mondiale chez les femmes.

Le marathon de Paris se classe à la 2nd place en nombre de finishers. En 2016, 57.000 dossards ont été vendus, mais ils n'étaient que 43.317 à prendre le départ le Dimanche 3 Avril. A l'arrivée, c'était un nouveau record, avec 41.708 finishers. Paris reste donc le second plus grand marathon mondial en termes d'arrivées, derrière le marathon de New-York (50.304 arrivants en 2013).

Pour cet anniversaire, nous avions plusieurs magdunois d'inscrits. Mais au final, nous ne retrouvons qu'un seul finisher. Mohamed ABDELLAOUI, Gilles DIMANCHE (blessure) et Isabelle GUILBERT ne figurent pas dans la liste des résultats. Mais quelques semaines plus tard, cette dernière réapparait dans le classement. Elle nous explique que sa puce n'a pas été déclenchée et que l'organisation l'a donc perdue. Mais cela a presque été corrigé à postériori. Il y avait donc deux magdunois sur la ligne d'arrivée de l'épreuve.

 

Nous allons justement écouter les péripéties d'Isabelle GUILBERT, à qui nous laissons de suite la parole :

Cela fait 1 an que l'inscription est faite pour le marathon de Paris le 03 avril 2016..... 1an que j'en parle et que j'en rêve ! Rêve construit avec Gilles Dimanche puisqu'il devait y participer aussi mais une blessure l'en a empêché, malgré tout il a accepté de m'accompagner et de m'y guider ! Accueilli chez lui le samedi soir pour un départ à 5h30 le dimanche matin. Après 1h30 de route et 30mn de métro nous voilà arrivés sur les champs Elysée, j'avoue que mon cœur s'emballe, un beau spectacle que cet Arc de Triomphe et toute l'avenue aménagée pour le départ, il n'y a pas encore trop de monde... Nous attendons la cousine de Gilles et ses amis, après avoir fait connaissance nous nous séparons car chacun a des sas différents....

Je fais un petit échauffement sur les champs Elysées et il est l'heure de rejoindre mon sas des 3h45.... La pression monte et le stress aussi ! Une petite accolade avec Gilles et j'y vais !!! Ca y est je suis seule....puis c'est le départ des élites, puis les autres sas.... je suis donc au pied du mur (tout en espérant ne pas le retrouver au 30ème km !) Vérification des lacets, de la Garmin qui s'est un peu déchargée....ah mince ! Petit échauffement collectif, puis on s'approche de la ligne de départ.....et PAN c'est parti !

Le temps est clément et l'euphorie de la course est bien là, j'aperçois Gilles vers le 2ème km, tout va bien je suis la flamme des 3h45 sans peiner. Au 10ème km mon ventre se réveille je prends un calmant, puis mes pieds commencent à s'échauffer un peu, bref j'arrive au semi pas trop mal dans les 1h52' et j'ai toujours la flamme 3h45 en ligne de mire donc plutôt contente......

Mais ça ne dure pas longtemps car au 25ème km un 1er arrêt s'impose..... Puis je repars un peu moins bien, les choses se compliquent vers le 30ème ... je décide de marcher un peu pour être sûre de pouvoir aller jusqu'au bout. Et puis mon rhume me gêne, j'ai dû respirer par la bouche mais du coup ça me brûle à l'intérieur, la respiration devient compliquée....

Et là ma Garmin me dit batterie faible (bref un peu comme moi) et donc plus aucun repère.... J'arrive péniblement au 35ème  entre les pieds échauffés, les maux de ventre (j'ai presque épuisé mon stock de médicaments) le rhume, la gorge et une douleur à la cuisse depuis une vingtaine de km ce n'est pas le top, en plus avec cette chaleur ! Mais bon l'objectif est de finir, je marche encore un peu, puis je reprends.

Nous sommes dans le bois de Boulogne (37/38ème) et ses pavés me rentrent dans les pieds, je décide de prendre le trottoir plus roulant, et vlan c'est la chute ! Je butte sur un pavé et m'étale, la hanche tape le trottoir, le genou est amoché, je suis sonnée et il me faudra l'aide d'une supportrice et d'un supporter pour me relever. La tête me tourne je me secoue pour ne pas m'évanouir, surement la peur et la douleur... La dame me donne de l'eau et me dit : vous n'allez pas repartir? Je lui réponds : si si mais en marchant. Quelques minutes plus tard je me lève et j'y vais !

Mais c'était sans compter sur mes intestins, 500m plus loin nouvel arrêt, puis je repars en marchant, je coure, je marche etc jusqu'au 40ème  Je sais qu'il ne me reste qu'un petit effort pour mériter le Graal tant convoité : la médaille ET le tee-shirt de finisher !!! Et puis pas le droit d'abandonner....je pense à Gilles.....

A la flamme des 40 je rassemble mes forces pour courir les 2km195 qu'il me reste à faire. Au 41ème une voix familière m'encourage, Gilles, ça me donne l'énergie pour ne rien lâcher jusqu'à la ligne ! Quel bonheur d'arriver sur le tapis vert (pas rouge mais dans la tête...si) de franchir la ligne, de passer sous l'arche et de recevoir mon dû !!! J'avance comme un zombie, je n'en reviens pas, je l'ai fait ce marathon de Paris !!! Puis je vais au stand de la Croix Rouge pour me faire soigner le genou...... Ensuite je me dirige près de l'Arc de Triomphe ou je dois retrouver Gilles, l'émotion me gagne quand nos regards se croisent, il est content que je sois arrivée au bout ! D'après ses dires beaucoup de coureurs ont souffert aussi, quand je marchais j'étais loin d'être la seule, sans compter ceux qui vomissaient ou qui étaient allongés avec des couvertures de survie......

Pour résumer je suis super heureuse d'avoir participé à cette 40ème édition du marathon de Paris !!! Pour preuve je suis déjà inscrite pour la 41ème ..... et j'y serai avec Gilles pour son 10ème !!!

Pour le classement, je reprends la main. Les organisateurs ont classé la courageuse athlète à la 24867ème place, dans un temps de 4h29'14" (9.40km/h). Mais cela n'est pas vraiment clair, comme la puce n'a pas fonctionné. De plus, on ne trouve pas de classement féminin… Et aux dires de la protagoniste, elle a retrouvé un autre concurrent sur la ligne d'arrivée avec qui elle est partie, qui a été classé en 4h23'. Nous ne connaitrons surement jamais la réelle performance de la magdunoise.

 

Le seul masculin du LMA45 qui ait réussi à se préserver jusqu'au jour fatidique n'est autre que José MOTIO. Ce dernier n'est pas néophyte sur la distance. La Rochelle en 2009, Caen en 2014 et même Cancale en 2015, avec un record (officiel) en 4h16'02" lors de cette dernière course. Mais il est difficile d'établir un bon chrono dans la capitale, puisqu'on peu vite se prendre pour un touriste, avec tous les monuments à voir sur le parcours.

Et surtout, depuis quelques années maintenant, les départs sont décalés. Le magdunois a du attendre près d'1h45 avant de pouvoir franchir la ligne de départ ! A ce même moment, les élites étaient dans les derniers kilomètres de la course. Nous n'avons plus la possibilité également, de voir les temps de passage des athlètes. Ce qui est bien dommage pour comprendre la course sans l'avoir vécue. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que José MOTIO a terminé son marathon de Paris en 5h02'11" (8.38km/h), en temps réel. Quant à son classement, on le retrouve à la 34257ème place de cette édition anniversaire. Il pourra dire qu'il y était et en aura plusieurs preuves. Bravo à lui !

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